L’Éveil : une présence à ce qui est
- 3 juin
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Le moine Joshu demande au maître Nansen : « Qu’est-ce que la Voie ? » La réponse de maître Nansen est devenue célèbre : « L’esprit de la vie quotidienne est la Voie. »
Il n’est pas nécessaire de se mettre sur la tête, de faire des choses bizarres ou de se flageller. L’esprit de la vie quotidienne, c’est l’esprit dont on a besoin pour vivre au mieux le quotidien — se lever, se laver, prendre son petit-déjeuner —, l’esprit en paix dont on a besoin pour vivre au mieux la condition humaine.
Pourquoi est-ce si difficile d’accéder à l’esprit en paix ?
C’est le fait d’être centré sur nous-même, sur nos idées égocentriques, qui nous rend la vie difficile. L’obstacle à la paix de l’esprit, c’est de ne penser qu’à soi. Ces vues relatives au moi sont des vues partielles de la réalité. C’est parce que nous ne nous harmonisons pas avec la réalité, enfermés dans nos attitudes égoïstes, que nous rencontrons la souffrance.
Alors que « la pure réalité indivisible occupe toujours la première place dans le présent ».
La pratique du zen nous amène à être nous-même, tels que nous sommes, simples et sobres, l’esprit clair, en paix. C’est comme cela qu’à cette même question, le grand maître Keizan répond :
Quand le thé est servi, boire le thé. Quand le riz est servi, manger le riz.
Suivre la réalité, être en unité avec elle, répondre sans cesse à la réalité, telle est la Voie.
Assis en zazen, nous nous donnons à chaque instant à la réalité, nous ne poursuivons pas nos pensées, nous n’agitons pas nos passions. Seulement assis, à l’exclusion de toute autre chose. Totalement assis, nous devenons nous-mêmes, sans préoccupation autre. Seulement éveillé, présent à la réalité.
Seulement assis, c’est difficile !
Maître Keizan a écrit un poème qui traduit l’esprit de zazen :
C’est comme une boule laquée noire qui roule dans la nuit.
Il faut donc avoir une grande foi dans le fait de lâcher prise. Lâcher prise à ses points de vue, à ses pensées, à ses idées, à ses idéologies, à sa souffrance, en un mot au je, au moi et au mien.
L’éveil : une présence stupéfiante à ce qui est.
Source : Kanshoji.org — Taiun Jean-Pierre Faure, janvier 2025. Lire l’original : https://www.kanshoji.org/kusen/leveil-une-presence-a-ce-qui-est/




Commentaires