Zazen, le Sentier Octuple & les Six Paramitas
- 10 juin
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Dernière mise à jour : 12 juin
Ajustez bien votre posture. Le sommet du crâne pousse le ciel, les genoux pressent fermement le sol. La colonne vertébrale est droite, le bassin basculé en avant. Laissez vos épaules tomber naturellement.
Ramenez votre attention sur votre respiration. Une expiration longue, douce et profonde, qui descend sous le nombril.
Lorsque les personnes découvrent le bouddhisme, elles rencontrent souvent de nombreuses listes, de nombreux concepts. Le premier enseignement du Bouddha Shakyamuni, après son éveil, parlait d'un chemin, d'une voie pour se libérer de l'insatisfaction, de la souffrance (dukkha). Il l'a appelé le Sentier Octuple.
Ce chemin se déploie autour de la Compréhension juste, de la Pensée juste, de la Parole juste, de l'Action juste, des Moyens d'existence justes, de l'Effort juste, de l'Attention juste, et de la Concentration juste.
Plus tard, dans la vaste tradition du Mahayana, la tradition du Grand Véhicule à laquelle le Zen appartient, ce chemin s'est déployé. L'idéal n'était plus seulement de se libérer soi-même, mais d'aider tous les êtres de l'univers à s'éveiller. Pour cela, le chemin à huit branches a été formulé d'une autre manière, à travers ce que l'on appelle les Six Paramitas.
Paramita signifie "passer sur l'autre rive". Ce sont des perfections, des traversées.
Ces six perfections sont : la Générosité, l'Éthique, la Patience, l'Effort, la Méditation, et enfin, la Sagesse de voir la réalité telle qu'elle est.
Si on essaie de comprendre tout cela avec la tête, le sentier octuple d'un côté, les six perfections de l'autre, on peut se sentir écrasé. On se demande : "Comment pourrais-je accomplir tout cela dans ma vie quotidienne? Comment, en restant assis, peut-on libérer les êtres de la souffrance ?" On a l'impression de devoir gravir une montagne immense, marche par marche, qui n'a pas de sens concret.
Mais la voie du Zen Sōtō est fondamentalement concrète, pragmatique même. Maître Eihei Dōgen a posé une question extraordinaire. Il a demandé : " Dans zazen, quel précepte n'est pas observé ? Quel mérite n'est pas actualisé ? "
Regardez ce que vous êtes en train de faire en ce moment même. Vous êtes simplement assis. Face au mur.
Dans cette immobilité, vous ne volez rien, vous ne mentez pas, vous ne détruisez pas la vie (note : les préceptes sont respectés). L'Action juste et la Parole juste du Sentier Octuple sont parfaitement réalisées. La perfection de l'Éthique est sans tache.
Vous observez vos pensées qui surgissent. Des souvenirs, des projets, des jugements. Mais vous décidez de ne pas vous y accrocher. Vous les laissez passer, comme des nuages dans le ciel soufflés par le vent. En faisant cela, vous renoncez à votre ego, vous offrez tout à l'univers. C'est la perfection de la Générosité. Le don absolu.
Vous ressentez peut-être une douleur dans les genoux, ou de l'impatience dans l'esprit. Et pourtant, vous restez assis. Vous respirez dans l'inconfort sans vous mettre en colère, sans réagir. L'Effort juste de l'Octuple sentier est là. Vous êtes en train d'accomplir la perfection de la Patience, et la perfection de la Diligence.
Votre corps est immobile, votre esprit est vaste. L'Attention juste et la Concentration de l'Octuple Sentier sont actualisées. C'est la perfection de la Méditation, Dhyana.
Et dans ce silence, lorsque vous réalisez que vous n'êtes pas séparé de l'air que vous respirez, du bruit à l'extérieur, des autres personnes assises dans cette pièce... Lorsque l'illusion d'un moi séparé tombe, alors la Compréhension juste s'éveille. C'est la perfection de la Sagesse.
Vous n'avez pas besoin d'aller chercher la perfection ailleurs. Le sentier octuple et les six paramitas ne sont pas des théories, des conceptes dans des livres anciens. Ce sont vos os, votre chair, votre respiration en cet instant précis. L'éveil n'est pas à la fin du chemin. Le chemin, c'est de s'asseoir ici et maintenant.
Laissez simplement la posture agir. Abandonnez toute volonté d'atteindre un but. C'est l'esprit de mushotoku, sans profit.
Le grand maître chinois Yongjia, disciple du Sixième Patriarche, l'a exprimé dans son poème, le Shōdōka, le Chant de l'Immédiat Satori. Écoutez profondément ce qu'il nous dit : " Si nous comprenons la réalité, pour nous n'existe plus ni l'homme séparé, ni la loi objective. L'illusion s'effondre. Si vous réalisez subitement dans l'instant, le Zen du Bouddha, les six paramitas et les dix mille pratiques se réalisent dans votre corps. "
Continuez votre zazen, avec les dix mille pratiques réalisées dans votre corps.




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